VAL DE LOIRE

DU CHÂTEAU DE CANDÉ À LA FORTERESSE DE CHINON



Classé au patrimoine mondial par l’UNESCO, le Val de Loire et ses châteaux ont une renommée internationale. Il fait même peau neuve comme à Chinon où c’est une nouvelle forteresse qui a ouvert ses portes en 2010.

Côté adresses, pour l’oreiller comme pour la table, la Touraine ne s’endort pas sur ses lauriers !

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Via Michelin

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CIRCUIT DÉCOUVERTE

Château de Candé

20 km au sud de Tours, par la N10. Le château est situé sur la D87 à Monts.

Le château de Candé se mérite : il faut le trouver. À croire que son propriétaire, le conseil général d’Indre-et-Loire, cherche à le cacher ! En effet, la pénurie d’écriteaux signalétiques rend sa localisation un tantinet difficile, mais on aurait tort de renoncer. À côté des blockbusters de la Renaissance comme Chenonceau ou Chambord, le château de Candé propose une visite décalée et passionnante, celle de la demeure d’un richissime couple franco-américain des années 1930. À l’origine, Candé est d’abord un pavillon de plaisance du 16e s. racheté par un milliardaire anglo-cubain, Santiago Drake del Castillo, qui le transforme en château néogothique trois fois plus grand. En 1927, un Français ayant fait fortune aux États-Unis, Charles Bedeaux, rachète la demeure. Avec son épouse Fern, il la dote d’un confort absolument incroyable pour l’époque : chauffage central, prises de courant dans le parquet, salles de bain Art déco luxueuses avec des baignoires se remplissant en une minute, téléphone dans chaque pièce et central téléphonique au sous-sol directement relié aux USA, orgue électrique Skinner (il en reste deux en Europe dont celui-ci)… Bien sûr, le château de Candé est surtout connu dans le monde entier pour avoir abrité le mariage le plus controversé du 20e s., celui de Wallis Simpson, une amie de la châtelaine, et du duc de Windsor (ex-Edouard VIII) en 1937. Le faste de cette demeure de grands bourgeois du début du 20e s. nous plonge dans une atmosphère digne du Gatsby le magnifique de Fitzgerald. Depuis avril dernier, l'orangerie du château (construite entre 1853 et 1858), entièrement rénovée, héberge une boutique qui met à l’honneur l'art de vivre en Touraine.

À Monts, prendre la D17, direction Artannes. Arrêtez-vous à Pont-de-Ruan, haut-lieu balzacien, puis continuez en direction de Saché.

Le château de Saché (musée Balzac)

Plutôt un manoir, remanié à de nombreuses reprises entre le 16e s. et le 18e s., le château de Saché dégage un charme fou, au milieu de son petit parc romantique et face à un vallon boisé. Le grand homme ici, ce n’est pas le propriétaire, M. de Margonne, amant de Madame de Balzac, mais bien l’auteur de la Comédie humaine. Il y vient pour la première fois à l’âge de 13 ans, et ne cessera d’y retourner jusqu’en1848 pour se mettre au vert, consommer force café, écrire et fuir ses créanciers. Sa chambre a l’air d’être restée presqu’intacte. Il y commence le Père Goriot : le papier peint de la pension Vauquer s’inspire de celui de la salle à manger de Saché. Le papier du salon rouge dit « papier aux lions » est resté tel que Balzac a pu l’admirer. Pourtant écrit à Paris, le Lys dans la vallée ne cesse d’emprunter à la Touraine, à Saché et à ses alentours comme à Pont-de-Ruan, au manoir de Vonnes (rebaptisé Clochegourde) ou au château de Valesne (renommé Frapesle). Autant de bonnes raisons pour courir la campagne.

À Saché, prendre la D356 qui traverse l’Indre et prendre à gauche la jolie route de la Sablonnière (D84) qui passe devant le manoir de Vonne. Traverser Azay-le-Rideau par le D57 que l’on suit jusqu’à la Chatonnière.

Jardins du château de la Châtonnière

Moins connus que ceux de Villandry avec lesquels ils ne prétendent certes pas rivaliser, les jardins du château de la Châtonnière méritent pourtant le coup d’œil. Ils sont l’œuvre conjointe de la propriétaire, Béatrice de Andia, et d’un ancien jardinier de Villandry, justement, Ahmed Zeroual. Les amateurs seront enchantés : potager décoratif, jardin des simples aux nombreuses plantes médicinales, roseraies enivrantes, labyrinthe végétal font définitivement regretter que la vie ne soit pas un jardin…

Revenir à Azay-le-Rideau par la même route.

Château d’Azay-le-Rideau

On dira ce qu’on voudra, un château entouré d’eau, à l’instar de Chenonceau et d’Azay-le-Rideau, c’est encore plus beau. Pour le prix d’un seul billet, vous profitez de deux monuments. Le premier construit en pierre, ardoise et stuc est l’œuvre d’un financier de François 1er, Gilles Berthelot, un parvenu raffiné qui est l’un des premiers à introduire le goût italien en France. Le second château est le reflet chimérique du premier sur un miroir d’eau, qui le dématérialise, le sublime, le féérise… On a tout loisir de varier les angles et les points de vue en parcourant le parc à l’anglaise aménagé au 19e s. sur des prairies marécageuses par la famille Biencourt à qui l’on doit la sauvegarde de ce « diamant à facette taillé sur l’Indre » (Balzac). Constitué d’un grand corps de logis et d’une aile en équerre, le château, édifié à partir de 1518, a subit pas mal de restaurations, plus ou moins heureuses au fil des siècles. Il a conservé globalement son plan carré médiéval. Cette forme atteste de l’incapacité des architectes français de l’époque à s’affranchir totalement des canons moyenâgeux, malgré les désirs pressants du commanditaire. En revanche, l’escalier intérieur à rampes droites, lui, relève pleinement de la Renaissance à l’italienne avec à l’extérieur trois étages de baies jumelées formant loggia.

Quittez Azay-le-Rideau par le sud (rue de Chinon), puis après le pont sur l’Indre, tout de suite à gauche, prendre la D17, puis la 1ère à droite (D57) en direction de Villaine-les-Rochers. Après Neuil, prendre la D457 direction Crissay-sur-Manse. De là, suivre la D21 jusqu’à Chinon.

Forteresse de Chinon

En juillet dernier, une forteresse de Chinon, entièrement inédite ou presque, ouvrait après 7 ans de travaux. Commencés en 2003 par un chantier archéologique, ceux-ci ont révélé des trésors insoupçonnés comme la découverte d’un palais, construit par le roi Henri II Plantagenêt vers 1160, de plusieurs tours et d’une chapelle. Ce chantier colossal a également vu le relèvement de pans entiers de la muraille, trahis par leur blancheur immaculée. Juché sur un éperon rocheux au-dessus de la Vienne et des toits d’ardoise de la vieille ville de Chinon, la forteresse occupe un site d’exception. En fait, on appelle « forteresse » un ensemble formé de trois « châteaux » séparés par de profondes douves sèches : le fort Saint-Georges à l’est, le château du milieu qui renferme les logis royaux et le fort du Coudray à l’ouest. La forteresse de Chinon nouvelle cuvée s’est également mise au multimédia : la couverture du livret remis à l’accueil, nanti d’une puce électronique, déclenche des bornes sonores ou interactives. De Foulque Néra à Philippe Auguste en passant par Henri II Plantagênet, Jeanne d’Arc et les Templiers, toute l’histoire du royaume (balbutiant) de France défile. C’est en fin d’après-midi qu’il faut arpenter le site. Alors que le soleil déclinant commence à plonger dans l’ombre les pierres millénaires de la forteresse, les toits d’ardoises de la vieille ville, les rives de la Vienne et sa vallée verdoyante s’embrasent…

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